La Belgique confirme une réalité qui dépasse désormais les frontières : certains secteurs recrutent plus vite que les entreprises ne trouvent de candidats.

À Bruxelles, Actiris a recensé 103 métiers en pénurie en 2026, dans une liste publiée le 1er juillet 2026. Construction, santé, horeca, logistique, administration et informatique figurent parmi les domaines confrontés aux tensions les plus importantes.

Pour les demandeurs d’emploi, les étudiants et les personnes envisageant une reconversion, cette liste constitue un précieux indicateur. Elle permet surtout d’identifier les secteurs dans lesquels les besoins des entreprises sont suffisamment importants pour offrir des perspectives professionnelles concrètes.

Bruxelles face à une pénurie de main-d’œuvre

Chaque année, les services régionaux de l’emploi analysent le marché du travail afin d’identifier les professions pour lesquelles les recrutements restent difficiles. En 2026, Actiris dénombre 103 métiers en pénurie à Bruxelles, tandis que le Forem en recense 144 en Wallonie.

Cette situation concerne des secteurs très différents, mais certains se détachent nettement. Les métiers liés aux soins et à la santé, au bâtiment, à l'industrie, au transport et à la logistique ainsi qu'à l'informatique figurent parmi les domaines où les employeurs rencontrent le plus de difficultés.

La tendance est donc claire : les opportunités ne se concentrent pas uniquement dans les métiers nécessitant de longues études universitaires. Des profils techniques, manuels et opérationnels sont également très recherchés.

Métier critique ou métier en pénurie : une distinction importante

Attention toutefois à ne pas mettre toutes les difficultés de recrutement dans le même panier. Les autorités régionales distinguent les fonctions critiques des métiers véritablement en pénurie.

Une fonction est considérée comme critique lorsque les employeurs éprouvent des difficultés à trouver des candidats correspondant à leurs besoins.

Mais cette situation ne signifie pas nécessairement qu'il manque quantitativement de travailleurs. Le métier en pénurie constitue, lui, un cas plus marqué.

Le nombre de candidats disponibles est insuffisant, notamment en raison d'un faible vivier, d'un important renouvellement de personnel ou d'un décalage entre les compétences recherchées et celles disponibles sur le marché.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : rémunérations jugées peu attractives, horaires difficiles, conditions de travail, éloignement géographique, précarité des contrats ou image du métier.

Les départs à la retraite et le manque d'anticipation des besoins de main-d'œuvre peuvent également accentuer le phénomène.

Santé, construction et informatique : des profils recherchés

La liste francophone des formations associées aux métiers en pénurie illustre l'étendue des besoins. Dans l'enseignement technique, professionnel et de promotion sociale, les domaines concernés comprennent notamment l'aide-soignant, l'aide familial, la puériculture, l'électricité, la construction, la maintenance industrielle, l'informatique et l'horticulture.

On retrouve également des métiers comme maçon, couvreur-étancheur, menuisier, installateur électricien, technicien en climatisation, technicien du froid, technicien en construction et travaux publics ou technicien en informatique.

L'horeca et l'artisanat ne sont pas oubliés, avec des formations liées à la restauration, à l'hôtellerie, à la boulangerie-pâtisserie et à la boucherie. Les métiers de la coiffure, de l'esthétique et de l'aménagement des espaces verts apparaissent également dans cette orientation.

Une opportunité, mais pas un accès automatique à l'emploi

Pour un étudiant, choisir une formation correspondant à un métier en pénurie peut améliorer ses perspectives professionnelles. Pour un travailleur étranger, la question peut également avoir une dimension migratoire.

Mais une confusion doit être évitée : la liste des formations menant à un métier en pénurie ne doit pas être assimilée automatiquement à la liste administrative des professions permettant de faciliter l'accès au travail des ressortissants étrangers.

En Belgique, les règles relatives au permis de travail B et au permis unique dépendent notamment des dispositifs régionaux et du statut du travailleur. La présence d'un métier sur une liste de pénurie ne constitue donc pas, à elle seule, une garantie d'autorisation de séjour ou d'emploi.

Pour les candidats, un signal à prendre au sérieux

Cette nouvelle liste constitue finalement une véritable boussole pour ceux qui souhaitent se former, changer de métier ou cibler un secteur où les entreprises recrutent.

À Bruxelles comme dans les autres régions belges, l'enjeu sera toutefois de rapprocher durablement les compétences disponibles des besoins réels des entreprises.

Pour les candidats, consulter régulièrement les listes officielles d'Actiris, du Forem et des autres autorités compétentes peut donc permettre d'anticiper les évolutions du marché.

Dans une économie où les pénuries de personnel deviennent structurelles, connaître les métiers recherchés aujourd'hui peut être un avantage décisif pour préparer sa carrière de demain.