Le vendredi 7 août 2026, Yaoundé a vibré au rythme d'un pari inédit. Le ministre de la Jeunesse et de l'Éducation Civique, Mounouna Foutsou, a donné le coup d'envoi de la toute première édition du Camp d'Intégration Nationale des Jeunes de la Diaspora, plus connu sous l'acronyme CINA-JEDI.
Pendant dix jours, des centaines de jeunes venus de quatre continents vont se retrouver au pays pour un exercice que le gouvernement veut fondateur : réapprendre à être camerounais, même loin du Cameroun.
Une salle, quatre continents, un même drapeau
Dans une salle comble où se côtoient des jeunes arrivés d'Europe, d'Amérique, d'Asie et d'Afrique, l'ambiance a rapidement pris des allures de symbole.
Le MINJEC a profité de ce lancement pour fixer le cap de l'initiative : transformer une génération éparpillée aux quatre coins du globe en véritable relais actif du développement national. L'enjeu dépasse largement la simple retrouvaille festive ; il s'agit, pour les autorités, de recréer un lien organique entre le pays et ses enfants de l'extérieur.
Trois piliers pour reconnecter la diaspora au pays
Le programme du camp s'articule autour de trois grands axes, pensés comme les étapes d'un même parcours. Le premier concerne l'éducation civique et patriotique. Selon le ministre, connaître ses origines, son histoire et le fonctionnement de ses institutions constitue le socle indispensable avant tout engagement citoyen.
Des modules dédiés à la Constitution, aux symboles de la République et à la lutte contre les discours de haine figurent ainsi au menu des dix journées. Le deuxième axe invite les participants à une véritable immersion dans le Cameroun réel.
Loin des clichés ou des souvenirs d'enfance parfois figés, les jeunes vont sillonner plusieurs régions du pays, rencontrer des acteurs locaux et visiter des projets structurants.
L'objectif affiché est de permettre à cette jeunesse de toucher du doigt les réalités, les défis et les opportunités qui façonnent le pays aujourd'hui. Le troisième pilier, sans doute le plus stratégique, vise l'implication concrète de la diaspora dans le développement national.
Le CINA-JEDI ne veut pas se contenter d'accueillir des visiteurs de passage : le gouvernement affiche l'ambition d'en faire de véritables partenaires.
Ateliers d'entrepreneuriat, forums avec le secteur privé et présentations des mécanismes d'investissement sont donc au programme, avec un mot d'ordre clair : mobiliser les compétences, les réseaux et les capitaux de la diaspora au service du Cameroun.
« Vous êtes le Cameroun hors du Cameroun »
Le message le plus marquant de la cérémonie de lancement est venu directement du ministre. S'adressant aux jeunes présents, Mounouna Foutsou a lancé : « Vous êtes le Cameroun hors du Cameroun ».
Il a ensuite précisé le rôle qu'il attend d'eux, dans une formule sans détour : « Votre rôle n'est pas de regarder de loin. Votre rôle est de construire avec nous. »
Cette déclaration résume à elle seule la philosophie du camp : il ne s'agit pas de célébrer un attachement nostalgique et passif au pays d'origine, mais de convertir cet attachement en engagement actif et mesurable.
Un laboratoire pour les futures éditions
Pour cette première édition, le CINA-JEDI se conçoit avant tout comme un laboratoire. L'idée est de tester le format retenu, d'écouter les attentes réelles des participants et de poser les bases d'un réseau pérenne de jeunes ambassadeurs du Cameroun à l'étranger, capables de porter l'image et les intérêts du pays sur leurs territoires respectifs.
Durant dix jours, ces jeunes venus des quatre coins du monde vont donc apprendre, échanger et débattre, avec en toile de fond une conviction que les organisateurs espèrent voir se diffuser bien au-delà du camp : l'éloignement géographique ne doit jamais rimer avec déconnexion.
Reste à savoir si cette première mobilisation saura se transformer, dans la durée, en véritable pont entre le Cameroun et sa jeunesse de la diaspora.




