De la thèse universitaire à la plateforme financière : le parcours de Nana Barwuah

À seulement 22 ans, Nana Barwuah a fait d'un travail de recherche académique le point de départ d'une entreprise qui pèse aujourd'hui plus de 100 millions de dollars d'opportunités d'investissement pour les entreprises africaines.

Son projet, baptisé Afrovest, illustre comment une observation de terrain rigoureuse peut déboucher sur une réponse concrète à l'un des plus grands obstacles du continent : l'accès au capital.

Une enquête de terrain qui change de trajectoire

Tout commence en 2026, lorsque la jeune femme, alors étudiante en sciences politiques à l'université de Princeton, choisit le Ghana comme terrain d'étude pour son mémoire de fin d'études.

Son objectif : comprendre comment le durcissement des règles bancaires affecte l'accès au crédit des petites et moyennes entreprises locales. En multipliant les entretiens avec des banquiers, des régulateurs et des chefs d'entreprise, elle met le doigt sur une réalité criante.

Une écrasante majorité des sociétés ghanéennes, environ 92 %, fonctionnent dans l'informel et ne disposent pas des états financiers audités qu'exigent les banques pour accorder un prêt.

Résultat : des établissements financiers qui ferment la porte à des entreprises pourtant porteuses d'un vrai potentiel de croissance.

Face à ce constat, une question s'impose à elle et devient le fil conducteur de sa démarche : si l'emprunt bancaire reste hors de portée pour ces entreprises, qu'en est-il d'un autre levier, celui de l'investissement en capital ?

Un problème de connexion plus que d'intérêt

En creusant davantage, Nana Barwuah identifie la véritable nature du blocage. Ce n'est pas l'appétit des investisseurs qui fait défaut, mais la mise en relation. D'un côté, des entrepreneurs africains peinent à réunir les fonds nécessaires pour changer d'échelle.

De l'autre, des investisseurs internationaux affirment ne pas parvenir à repérer des entreprises locales suffisamment structurées pour répondre à leurs critères de sélection.

Ce décalage, entre une offre de capitaux disponible à l'international et une demande réelle mais mal formatée sur le terrain africain, va devenir le cœur du problème qu'elle décide d'attaquer.

Afrovest, un pont entre PME africaines et investisseurs mondiaux

Forte d'une expérience professionnelle déjà solide, acquise notamment au sein de la Federal Reserve Board et du fonds d'investissement Macquarie Group, la jeune fondatrice s'entoure d'une équipe pour donner corps à son idée.

Naît alors Afrovest, une plateforme conçue comme un pont numérique et stratégique entre les entreprises africaines à fort potentiel et les investisseurs internationaux.

Le principe est simple sur le papier mais stratégique dans son exécution : accompagner les PME dans la formalisation de leurs dossiers et les aider à se conformer aux standards attendus par la finance internationale, afin de lever ce verrou de la connexion identifié pendant ses recherches.

Plus de 100 millions de dollars d'opportunités déjà agrégées

Le succès n'a pas tardé à se manifester. En centralisant les besoins de financement des entreprises africaines sur sa plateforme, Afrovest a rapidement révélé l'ampleur du potentiel inexploité du continent : un pipeline d'opportunités d'investissement qui dépasse aujourd'hui les 100 millions de dollars.

Ce chiffre traduit deux réalités à la fois. D'une part, l'immensité des besoins en capitaux des entrepreneurs africains. D'autre part, l'intérêt grandissant des investisseurs internationaux pour l'écosystème des startups du continent, dès lors qu'on leur propose des dossiers fiables et structurés.

Cap sur Accra pour le premier Afrovest Investment Summit

Pour transformer cet élan numérique en dynamique concrète, Nana Barwuah organise en novembre le tout premier Afrovest Investment Summit à Accra, au Ghana.

L'événement doit réunir physiquement entrepreneurs, investisseurs et acteurs de l'écosystème financier africain, avec l'ambition de faire de cette rencontre un rendez-vous incontournable pour le financement des entreprises du continent.

De la salle de cours de Princeton aux couloirs des sommets d'investissement, le parcours de Nana Barwuah illustre une tendance de fond : celle d'une jeunesse africaine et diasporique qui ne se contente plus de constater les blocages structurels du financement continental, mais construit activement les outils pour les dépasser.