La diaspora camerounaise constitue un réservoir de compétences, de capitaux et d’initiatives que le gouvernement cherche à mieux mobiliser.

Lancé en 2017, le PARI-JEDI accompagne les jeunes de la diaspora qui souhaitent revenir, entreprendre ou participer au développement économique du Cameroun.

Derrière ce dispositif se dessine un enjeu majeur : transformer le désir de retour en projets créateurs de valeur et d’emplois.

De la diaspora au développement local

Pour de nombreux jeunes Camerounais établis à l’étranger, le retour au pays ne se résume pas à une question sentimentale. Il peut aussi représenter une décision économique : investir dans une entreprise, créer des emplois, transférer des compétences ou développer une activité dans un secteur à fort potentiel.

C’est précisément sur ce terrain que s’inscrit le Programme d’Aide au Retour et à l’Insertion des Jeunes de la Diaspora (PARI-JEDI). Créé le 14 février 2017, à travers la décision N° 013-2017/D/MINJEC/CAB, le programme est placé sous la tutelle du ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (MINJEC).

Son ambition dépasse ainsi la simple facilitation du retour. Le PARI-JEDI entend faire de la jeunesse camerounaise de l’étranger un partenaire du développement national, en rapprochant les compétences acquises hors du pays des opportunités offertes par l’économie camerounaise.

Un accompagnement qui mise sur l’entrepreneuriat

Le dispositif repose sur plusieurs leviers : accompagnement technique, formation, appui à l’insertion et mécanismes de financement. Pour un jeune porteur de projet, l’enjeu est donc de passer de l’idée à une activité économiquement viable.

Cette logique est particulièrement visible à travers le DIALYJ (Diaspora and Local Youth Joint Venture), un sous-programme destiné à favoriser les partenariats entre jeunes de la diaspora et jeunes installés au Cameroun.

Le principe est simple mais stratégique : réunir deux profils complémentaires. D’un côté, un Camerounais de la diaspora pouvant apporter expérience, compétences, réseaux ou ressources ; de l’autre, un jeune présent sur le terrain, disposant d’une connaissance directe de l’environnement économique local. 399 millions de FCFA injectés dans 47 projets Les résultats communiqués par le MINJEC donnent une première mesure de cette dynamique.

Dans son rapport de 2023, le ministère indique que 47 projets ont été financés dans le cadre du DIALYJ, à la suite de l’appel à projets lancé le 29 mars 2022 par le ministre de la Jeunesse, Mounouna Foutsou.

Au total, ces initiatives ont bénéficié de 399 millions de FCFA, avec des financements compris entre 10 et 25 millions de FCFA par projet. La répartition géographique montre également une volonté de soutenir plusieurs bassins économiques. La région du Centre arrive en tête avec 16 projets, dont 14 dans le département du Mfoundi.

Le Littoral compte cinq projets, tandis que l’Extrême-Nord en compte deux. Le Nord, l’Ouest, le Sud et le Sud-Ouest enregistrent chacun un projet.

Agriculture, numérique, santé : des secteurs très concrets

L’intérêt économique du PARI-JEDI se mesure surtout à la diversité des activités soutenues. Les projets financés concernent notamment l’agriculture, l’aquaculture, les énergies renouvelables, le numérique, la pêche et la santé.

Parmi eux, un projet rizicole implanté à Pitoa, dans la région du Nord, a reçu 25 millions de FCFA pour développer la transformation et la commercialisation du riz local.

Ce choix sectoriel est révélateur. En orientant une partie des ressources vers la production, la transformation et les services, le programme cherche à faire de l’investissement de la diaspora un levier de développement local plutôt qu’un simple transfert financier.

Le véritable défi : convertir le retour en impact

Le PARI-JEDI porte ainsi une équation économique essentielle pour le Cameroun : comment transformer les compétences et les ressources de sa diaspora en investissements durables ?

Le programme poursuit trois grandes finalités : mobiliser les jeunes de la diaspora, favoriser leur retour et leur insertion, mais aussi encourager l’investissement et l’entrepreneuriat au Cameroun.

Il constitue également une réponse institutionnelle à la recherche d’alternatives à l’émigration irrégulière.

Pour les jeunes intéressés, les informations relatives aux modalités d’accès peuvent être obtenues auprès du dispositif PARI-JEDI ou des représentations diplomatiques camerounaises dans leurs pays de résidence.

Au-delà des financements, le véritable enjeu est désormais de consolider cet écosystème afin que davantage de jeunes de la diaspora puissent transformer leur expérience internationale en entreprises, en emplois et en valeur ajoutée au Cameroun.